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Seal of Apsimar, illoustrios and komes
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SigiDoc ID: 27

Artifact

Type
Seal
General layout
Monogram and legend
Matrix
SigiDoc ID: 25

Physical description

Type of impression
Original impression
Material
Lead
Dimensions (mm)
Diam. 21
Weight (g)
Axis (clock)
Overstrike orientation (clock)
Not applicable
Channel orientation (clock)
Execution
Struck
Countermark
None
Lettering
L’épigraphie, bien que grossière, correspond pleinement au VIIe siècle. Le A doté d’un petit appendice peut-être observé sur certains monogrammes de même époque [1].
Shape
Round
Condition
Flan rogné sur le pourtour ; échancré aux orifices du canal ; état de conservation correct

Dating

Date
7th C., second half
Internal date
None
Dating criteria
prosopography, titulature, lettering
Alternative dating

History

Seal's context
Seals of dignitaries
Issuer
Apsimar
Issuer's milieu
Civil
Place of origin
Find place
Find date
Find circumstances
Modern location
Italy
Institution and repository
Collection and inventory
Sopracasa collection 18
Acquisition

Ebay auction; seller: A.A.C.-Ancient Coins (Netherlands)

Previous locations
Modern observations

Inscribed field - Obverse

Layout of field

Cruciform invocative monogram with the letters θ, o, τ, κ, η, I, , β

Field's dimensions (mm)
Matrix
Not applicable
Iconography
Decoration
Cercle de feuillage stylisé très partiellement conservé

Inscribed field - Reverse

Layout of field

Legend of 5 lines preceded by a small cross

Field's dimensions (mm)
Matrix
Not applicable
Iconography
Decoration
Cercle de grènetis qui a presque entièrement disparu

Text

Language(s)
Byzantine greek
Edition(s)
Sopracasa, Prigent, coll. Sopracasa, 2017, 27, p. 735-739.
Commentary on edition(s)
None
Parallel(s)
No parallels known
Commentary on parallel(s)
None

Images

Digital reproduction of the obverse (2015).
Digital reproduction of the reverse (2015).

Edition

Interpretive

obv
1 (Θεοτόκε βοήθει)
rev

2 + Ἀψι[μ-]
3άρου ἰλλ-
4ουστρίου
5 κ(αὶ) κόμ-
6[η]τος

Diplomatic

obv
1θ-o-τ-κ-η-I--β
rev
2ψI.
3ριλλ̣
4στρι
5κ/ κομ
6.τ̣οσ̣

Apparatus

None.

Legend and Translation

Θεοτόκε βοήθει / +Ἀψιμάρου ἰλλουστρίου καὶ κόμητος.

Mother of God aid / Apsimar, illoustrios and komes.

Commentary

Les légendes au génitif tendent à disparaître à partir du début du VIIIe siècle [2], et il en va de même pour le rang d’illustris/illoustrios entre les dernières décennies du VIIe et le début du VIIIe siècle [3]. L’épigraphie, bien que grossière, correspond pleinement au VIIe siècle.

La date du sceau amène évidemment à proposer une identification avec le chef militaire qui accéda à l’Empire en 698 sous le nom de Tibère III (698-705) [4]. On ignore presque tout du personnage avant que l’échec de l’expédition envoyée sauver Carthage, tombée aux mains des forces musulmanes, par Léontios (695-698) ne dégénère en révolte des chefs vaincus. Ceux-ci se donnèrent pour tête de file l’officier commandant le contingent de Korykos, l’un des corps de la flotte des Cibyrrhéôtes [5]. Notre bulle refléterait une étape antérieure de la carrière du futur empereur.

Le titre d’illoustrios constitue a priori une forme tardive du prédicat d’illustris, lequel désignait la catégorie supérieure de l’ordre sénatorial et les membres effectifs du sénat depuis la seconde moitié du Ve siècle [6]. Il tend à laisser le pas aux termes de magnificus et gloriosus qui désignent les échelons inférieur et supérieur de la classe des illustres et auxquels on accédait essentiellement via l’exercice de certaines fonctions [7].

L’évolution tardive du titre présente toutefois des particularités marquantes par rapport à celles des autres prédicats sénatoriaux. Tout d’abord, il ne donna pas lieu à la formation d’un équivalent spécifiquement grec (tel mégaloprépestatos pour magnificus et endoxotatos pour gloriosus), mais d’un simple décalque du latin (illoustrios). Le phénomène est d’autant plus remarquable qu’il est même, le cas échéant, retranscrit maladroitement en latin, comme l’indique, entre autres, la bulle d’un certain Romano ellustrio [8]. Le substantif s’associe en outre aux prédicats classiques dans des formules telles que mégaloprépestatos ou endoxotatos illoustrios [9] et peut s’articuler à d’autres titres par la conjonction kai. Cette évolution vers une « signification fonctionnelle », soulignée notamment par Otto Hornickel [10], est si particulière que Jean Gascou voulut un temps voir dans ce titre un équivalent de la fonction de pagarque, avant d’abandonner ultérieurement cette position [11]. Deuxième particularité, l’usage d’illoustrios semble perdurer bien plus longtemps que les autres prédicats. Ainsi, au sein de l’imposante collection Zacos, on ne relève, pour les pièces postérieures au règne de Maurice, qu’une attestation de mégaloprépestatos, et précisément pour qualifier illoustrios [12], et aucune d’endoxotatos [13]. En revanche, on possède des dizaines de bulles d’illoustrios [14], dont certaines sont nécessairement tardives [15], comme celles libellées au datif [16], celles faisant usage de monogrammes invocatifs cruciformes [17], voire les deux comme dans le cas de Romain évoqué plus haut [18].

Les deux phénomènes sont sans doute liés. Soulignons d’emblée que l’illustrat étant décerné à titre individuel et n’étant pas héréditaire [19], il était davantage à même de constituer durablement un facteur de distinction que les échelons inférieurs de la hiérarchie sénatoriale [20]. Quant aux épithètes supérieures de mégaloprépestatos et d’endoxotatos, elles étaient essentiellement liées à l’exercice, au moins honorifique, de fonctions spécifiques et ce sont ces fonctions que les titulaires décident de faire figurer sur les bulles : on se dit communément apo éparque ou stratèlatès/magister militum, non endoxotatos, bien que ces fonctions aient donné droit à ce prédicat. Les prédicats, qui font « double emploi », disparaissent. Deux couples de bulles peuvent illustrer cette évolution. Le premier appartint à un fonctionnaire fiscal nommé Léon. Cet individu nous a laissé deux bulles que l’on peut lui attribuer avec assurance, malgré la fréquence du nom, en raison de leur conception unique avec une répétition du nom sur chaque face. Sur la première, Léon, trakteutès des îles au revers, se dit illoustrios au droit [21]. La seconde bulle reprend la même légende de revers mais au droit Léon se définit comme apo éparque [22]. Ce titre impliquait l’octroi du prédicat supérieur d’endoxotatos mais le trakteutès opte pour une mention de la fonction honoraire et non du prédicat. Le second exemple associe une bulle de la collection Zacos à une pièce inédite du musée de Philadelphie. Toutes deux mentionnent un certain Constantin, que l’on identifiera sans hésitation car les deux droits présentent un cheval, choix très rare, et qui plus est dans une même attitude [23]. Sur la première pièce, Constantin mentionne son appartenance aux illustrioi. En revanche, sur la seconde, ayant obtenu une promotion, il opte pour la fonction honorifique d’apo hypatôn plutôt que pour le prédicat associé. De façon plus générale, aucun des sceaux d’illoustrios conservés ne semble associer ce terme avec une quelconque fonction honorifique associée à un prédicat supérieur. Les prédicats supérieurs n’apparaissent donc plus que dans les titulatures développées, comme celles que l’on peut lire dans les actes de concile [24].

Un point essentiel réside sans doute dans le fait qu’illustris pouvait être, plus couramment que les autres prédicats supérieurs, détaché de toute fonction. Or, si le latin faisait alors communément usage de la formule inluster vir (ou équivalent), l’Orient semble avoir été moins à l’aise avec un décalque direct de cette formule et aura opté pour l’utilisation d’une forme substantivée, sur laquelle pouvaient en outre s’appuyer le cas échéant les prédicats supérieurs lorsqu’un individu obtenait le gloriosat ou le magnificat, sans que cela ne passe par la collation parallèle d’une fonction honoraire [25]. Cette solution ouvrait d’ailleurs d’autres possibilités en permettant de découpler davantage épithètes honorifiques et fonctions, d’où les constructions avec kai qui associent l’illustrat à des fonctions qui n’aurait pas impliqué mécaniquement l’accès à ce rang et donc au sénat. Ainsi, au milieu du VIIe siècle, le chef de l’administration civique de l’Arsinoïte pouvait se qualifier d’endoxotatos illoustrios kai komès [26]. Les bulles attestent également de l’association d’illoustrios avec des fonctions subalternes de chartoularios (normalement péribleptos encore au milieu du VIIe siècle) [27], de trakteutès [28], de topotèrètès [29], de commerciaire, voire de simple scholaire [30]. Le point essentiel est que, dans une large mesure, cette solution posait les bases du système mésobyzantin avec sa double échelle honorifique et fonctionnelle sans lien mécanique entre dignités et offices. La chronologie de l’évolution n’est toutefois pas claire, puisque nous ne sommes pas capables de dater avec précision les bulles du VIIe siècle, ni même de les distinguer toujours clairement de celles du siècle précédent. On note toutefois que les papyri du VIe siècle mentionnent des illoustrioi pagarchoi [31], tandis que ceux du siècle suivant utilisent illoustrioi kai pagarchoi [32].

En l’état, le sceau édité ici confirme qu’avant sa révolte Apsimar était loin d’appartenir à l’élite impériale. Son profil serait donc assez proche de celui d’un Phocas, ce qui peut contribuer à expliquer son souci de se poser en continuateur de la dynastie héraclide, comme tend à l’indiquer le choix du nom de règne Tibère ou son iconographie monétaire militaire, qui perpétuait les choix de Constantin IV [33].

Footnotes

[1]. Voir, par exemple, Zacos, 1, 548, pl. 250 (sceau 1522).

[2]. Cheynet, 2008b, p. 62.

[3]. Brubaker, Haldon, 2011, p. 592-593. Pour des exemples de porteurs du titre entre VIe et VIIIe siècle, voir la PBE, 1, s.v. Illoustrios.

[4]. PmbZ Online, 8483; PBE, 1, Tiberios2 (lien actuellement inactif: 2021-03-18).

[5]. Zuckerman, 2005, p. 122-123.

[6]. Laniado, 2002, p. 162; Jones, 1964, p. 529 et n. 16.

[7]. Garbarino, 1988, p. 318-323.

[8]. Zacos, 1, 2850; voir aussi ci-dessous le cas du commerciaire Serge. La forme ellustrios est étonnante, mais pour une déformation proche, voir la mention de la maison de l’euloustrios dans la Vie de Grégoire d’Agrigente : Leontios, Gregorios von Agrigent, 1995, 56, p. 213, l. 8-9.

[9]. Voir, par exemple, Banaji, 2001, p. 150, 161; Papyri.info, BGU 1.323, l. 2-3 (AD 601-651) : Φλ(αουίῳ) [Σεν]ουθίῳ τῷ εὐκλεεστάτῳ δοῦκ[ι - ca 9 -] τοῦ ἐνδοξοτάτου ἰλλουστρίου.

[10]. Hornickel, 1930, p. 17: «Ist in den Papyri kein adjektivisches Rangprädikat, sondern die Bezeichnung einer Würde wie etwa auch Patricius und Comes. Es ist offenbar eine Titularwürde der Großgrundbesitzer, die auch Frauen verliehen werden kann. Es bezeichnet als solche nur die Illustres Honorarii, die letze Gruppe der Illustres. Die Umwandlung des Rangprädikates Illustris zur Benennung einer Würde vollzog sich nach Koch in den dreißiger Jahren des 6. Jahrhunderts. Ich habe nur für die Endoxotatoi gennanten Illoustrioi die belegte gesammelt.»

[11]. Gascou, 1972, p. 69, n. 2: «Hornickel a pratiquement éludé l’étude de ce curieux illustrat. Le mot ἰλλούστριος n’est pas la simple translittération du latin illustris. Les diverses classes de l’illustrat, comme la “magnificence”, la “gloire”, se traduisent par les épithètes citées plus haut et existaient longtemps avant l’apparition des ἰλλούστριοι, dont la première et tardive attestation nous est donnée par PSI 283 (ca 550). Dans les titulatures où ce mot figure, il est associé à des épithètes honorifiques courantes, ce qui en indique bien la signification fonctionnelle. Lorsque les titulatures sont suffisamment explicites, le mot ἰλλούστριος nous apparaît clairement comme synonyme de pagarque. […] Peut-être était-ce même le nom officiel de la “fonction” pagarchique après les réformes justiniennes. » L’auteur a par la suite retiré cette idée dans la réédition de son article dans Gascou, 2008, p. 49. Mais cette hésitation illustre bien les caractéristiques particulières du terme.

[12]. Zacos, 1, 131.

[13]. On laisse ici évidemment de côté les résurgences de ces prédicats au XIe-XIIe siècle, ainsi que les poids du VIe siècle (Zacos, 1, 3000A, B), le système classique étant alors en usage.

[14]. 82 recensées rien que pour le bullaire chypriote, mais avec beaucoup de doubles: Metcalf, Cyprus, 2004, p. 242.

[15]. Konstantopoulos, coll. Athens, 1917, 295 (la combinaison avec le titre d’anthypatos est des plus étranges, il convient d’accueillir avec méfiance ce témoignage, en l’absence de photographie), 362 (latin), 362α (latin), β γ δ, 363, 364 ; Zacos, 1, 789a; Schlumberger, 1884, p. 519; Speck, coll. Berlin, 1986, 165 (Plagiôtès); Laurent, coll. Orghidan, 1952, 273; Metcalf, Cyprus, 2004, 9, 19, 50, 62, 187-197, 199, 292, 322-324, 349, 380, 622, 629, 732, 740, 830; Stepanova, 2006, nos. 17, 18, 20, 30, 76; on y ajoutera un inédit du musée de Syracuse, 6896. On rappellera aussi la mention de la maison de l’euloustrios dans la Vie de Grégoire d’Agrigente, voir n. 8.

[16]. Zacos, 1, 971.

[17]. Zacos, 1, 1596.

[18]. Zacos, 1, 2850.

[19]. Laniado, 2002, p. 162.

[20]. Que les héritiers aient continué à jouir de certaines immunités au regard des obligations curiales ne joua sans doute pas un rôle car cela ne concernait que les illustres titulaires de titres supérieurs: Laniado, 2002, p. 37.

[21]. Zacos, 1, 914A.

[22]. Zacos, 1, 909A.

[23]. Sur la pièce américaine, la partie supérieure est endommagée, ce qui ne permet pas de déterminer si le monogramme chartoularios est présent.

[24]. Par exemple, Παύλου τοῦ ἐνδοξοτάτου ἀπὸ ὑπάτων καὶ διοικητοῦ τῶν ἀνατολικῶν ἐπαρχιῶν mentionné dans les actes du concile de Constantinople III : références dans la PBE, 1, Paulos17 (lien actuellement inactif: 2021-03-18).

[25]. Sur l’accès au sommet par la collation de dignités honoraires, voir aussi Garbarino, 1988, p. 252-259.

[26]. Papyri.info, CPR 14.1, l. 6-7 (AD 651 ?) : [Φλ(αουίῳ) Ἰωάνν]ῃ τῷ ἐνδοξοτάτῳ ἰλλουστρίῳ [καὶ παγάρχῳ τ]αύτης τῆς Ἀρσινοιτῶν πόλεως ; voir aussi Papyri.info, CPR 22.2 (AD 628-629 ou 643-644).

[27]. Zacos, 1, 1376; Laurent, coll. Orghidan, 1952, 273; Papyri.info, CPR 30.17, l. 5 (AD 643-644 env.).

[28]. Zacos, 1, 914A.

[29]. Zacos, 1, 872: l’éditeur propose illustris sur la bulle latine du commerciaire Serge, mais l’exemple de Romain mentionné plus haut (voir n. 8) laisse la question de la résolution de l’abréviation ouverte.

[30]. Zacos, 1, n890. Nous ne nous étendrons pas sur le cas de Théodore megaloprépestatos illoustrios et diocète, car l’état de son sceau ne permet pas d’établir avec exactitude sa fonction et donc son importance.

[31]. Voici les résultats d’un sondage réalisé sur Papyri.info : Papyri.info, P.Cair.Masp. 3.67325, IIIv, l. 9, 13 ; VIIIv, l. 24 (AD 501-600); P.Flor. 3.298, l. 13-14, 15, 19-20, 25 (AD 557-560); P.Strasb. 7.699, l. 26 (recto), 3-4 (verso) (AD 525-560); avec le gloriosat en sus mais toujours illoustrios comme prédicat SB 20.15013, l. 2-3, 6 (AD 552-553); SB 20.15015, l. 3, 8 (AD 550-551).

[32]. Papyri.info, BGU 2.396, l. 4 (AD 641); CPR 14.1, l. 6-7 (AD 651-666); CPR 22.2, l. 7 (AD 643-644); CPR 24.32, l. 7 (AD 651); CPR 30.18, l. 6 (AD 643-644 env.); P.Köln 7.319, l. 5 (AD 600-799); Stud.Pal. 3.448, l. 1 (AD 708-709). Une exception possible est le Papyri.info, PSI 4.283, l. 5-6 (20 décembre 550), mais une lacune empêche d’assurer la lecture du titre; d’autres exceptions se trouvent dans Papyri.info, P.Cair.Masp. 3.67325, VIIv, l. 25 (AD 501-600); P.Flor. 3.298, l. 37, 45, 51, 59 (AD 557-560). On remarquera toutefois que de ces six exceptions, une est rendue incertaine par l’état de conservation du support, et quatre autres proviennent d’un même document.

[33]. MIB 3, pl. 32, 4-13, pl. 43, 1-7.